Que va encore inventer l’Orchestre de la Suisse romande (OSR)? A chaque mois, voire semaine, sa nouveauté. Les musiciens, c’est peu de le dire, ne chôment pas, entre roulotte, rendez-vous à deux, enregistrements, diffusion télévisuelle en direct ou concerts en streaming. Spectaculaire 360 degrés pour la 9e Symphonie de Beethoven, ou captations traditionnelles «mises en scène» par un réalisateur, les rendez-vous de la formation symphonique se multiplient, à la satisfaction du public et des musiciens.

Un clic chaque jour

La prochaine surprise, pour ne pas freiner l’énergie des équipes administratives et artistiques, est un joli cadeau. Un calendrier de l’avent musical. Il fallait y penser, Steve Roger, jamais à court d’idées, porte le projet en collaboration avec la RTS, qui enregistre les 24 capsules à «ouvrir» d’un clic chaque jour.

Comment est né le concept? Comme toujours, assez naturellement pour le directeur général. «Cela fait plusieurs années que j’avais cette idée en tête, explique Steve Roger. Déjà, lorsque je travaillais pour l’agence Caecilia, nous avions évoqué cette possibilité qui n’a, pour diverses raisons, pas pu voir le jour.»

«J’ai vu que, depuis, d’autres orchestres l’ont fait. Mais je ne le savais pas. Celui de la BBC par exemple a créé un événement payant, pour soutenir les musiciens indépendants. Nous avons opté pour une formule gratuite, et nous incitons les visiteurs à faire un don à l’Union suisse des artistes musiciens (Usdam) puisque, avec l’annulation des concerts vivants, les traditionnelles aides de Noël pour les musiciens retraités ne peuvent pas avoir lieu.»

Sortir de la morosité ambiante

Le covid a déclenché le déclic. «Avec l’approche des Fêtes 2020 et cette période si déprimante de pandémie, j’ai trouvé que ce calendrier de l’avent serait idéal pour sortir de la morosité ambiante, tant pour notre public que pour les musiciens. Notre mission est de jouer. Nous jouerons autant que possible. Et cette solution, en plus d’être ludique, s’inscrit dans une quotidienneté à une heure inhabituelle. Cela change de la fréquentation conventionnelle.»

L’horaire, en effet, n’est pas usuel. Il faudra cliquer à 15 heures pour découvrir les surprises musicales. «C’est un moment idéal pour pouvoir se connecter sur l’ensemble des continents, des Etats-Unis en matinée à l’Asie en soirée.» La durée des mini-concerts est elle aussi étudiée pour composer des petites fenêtres musicales. «Cela ira de cinq minutes minimum à vingt au maximum.»

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La déclinaison des formations sera elle aussi particulière. «Les musiciens interviendront du duo à l’effectif complet de l’orchestre. Il s’agit là de mettre en valeur les membres de l’orchestre. On peut parler d’une forme de vitrine de l’OSR.»

Quant aux programmes, ils ont été définis d’entente entre tous. «Nous avons eu nombre de propositions des musiciens. Il a fallu faire un tri. Le choix s’est décidé en fonction de la plus grande diversité possible, tant au niveau des œuvres que des époques et des styles. Mais nous n’avons pas souhaité tomber dans le populaire ou le facile à tout prix.»

La valeur collective et individuelle

Il y aura de tout, de l’exigeant au distrayant. Cela aussi pour offrir une image la plus complète possible des qualités de la phalange. «Nous avons veillé tous ensemble, avec le chef Jonathan Nott, à proposer un calendrier du mélomane qui éclaire autant la valeur collective de l’OSR que celle de ses individus.»

Il aura aussi fallu dégager du temps avec la RTS. La partenaire de longue date s’est immédiatement engagée dans le processus et a programmé rapidement des séances d’enregistrement. Cinq jours ont été nécessaires, directement sur la scène du Victoria Hall.

Un indice par capsule

«C’est très conséquent car il ne s’agit pas seulement de mettre en boîte un concert live. Le temps de répétition est inclus, et préparé en amont avec le réalisateur Andy Sommer. Chaque jour, on pourra ouvrir la porte du petit concert quotidien, à chaque fois différent. Et il y aura sur chacune un indice pour deviner ce qu’on pourra entendre sur celles à venir.»

Et encore?… «Je ne peux pas révéler les détails, mais ce ne sera pas filmé comme d’habitude. Il y aura des surprises. L’ensemble est capté en deux séries de 12 pour rythmer le travail. Ce que je peux dire, c’est que le soir de Noël sera l’apothéose. C’est comme avec les chocolats, on termine avec le plus gros.»


Calendrier de Noël, tous les jours à 15h du 1er au 24 décembre sur noel.osr.ch.

La Fondation de l’OSR a annoncé vendredi la nomination de Daniel Harding au poste de chef en résidence pour les saisons 2021-2022 et 2022-2023. Directeur musical et artistique de l’Orchestre symphonique de la Radio suédoise, chef lauréat du Mahler Chamber Orchestra, le Britannique dirigera l’OSR pour un minimum de deux séries de concerts par saison.