C’était la fête des grands soirs, mercredi au Victoria Hall. Bien que la salle n’ait été remplie qu’à un petit tiers de sa contenance, le public et les musiciens ont eu l’impression d’une foule en liesse. A l’issue de la 3e Symphonie de Beethoven, particulièrement bien nommée «Héroïque» tant la traversée du désert musical a été difficile pour la culture, l’enthousiasme tenait de la catharsis.

Imaginez: entendre pour la première fois le célèbre Coréen à la tête de l’orchestre romand dans deux œuvres magnifiques de Beethoven, cela tenait du miracle après tous ces mois de mutisme. D’autant que le chef, aussi pianiste, s’est joint aux deux premiers solistes de l’OSR Bogdan Zvoristeanu au violon, et Léonard Frey-Maibach, fraîchement arrivé au premier pupitre des violoncelles, pour former le trio solistique.