Les Suisses romands ont la réputation de ne pas trop aimer leurs écrivains, surtout ceux qui les quittent pour aller s’installer à Paris. Louis Dumur (1863-1933) fait partie de ces réprouvés. Ecrivain local, auteur d’une trilogie genevoise sarcastique organisée autour des aventures du collégien Nicolas Pécolat, puis participant actif de la vie intellectuelle parisienne, autour notamment du Mercure de France qu’il a dirigé pendant près de quarante ans, il s’est singularisé entre 1914 et 1918 par un engagement si va-t-en-guerre qu’il a lassé même parmi ses amis français. Dans la foulée, il a compté parmi les premiers contempteurs de la neutralité helvétique, ce qui n’a pas arrangé ses affaires de ce côté-ci du Jura.

Fidèles admirateurs

Mais il a, aujourd’hui, de fidèles admirateurs. Depuis 2014, des Cahiers Louis Dumur paraissent annuellement sous la direction de Françoise Dubosson et François Jacob. Ces derniers sont encore à l’origine d’une réédition de la trilogie genevoise parue chez Slatkine en 2018 et François Jacob seul signe une biographie de l’écrivain, La Conspiration du silence, qui paraît ces jours chez MetisPresse. Une plongée pleine d’enseignement dans un monde intellectuel dont Louis Dumur n’est pas le seul acteur à être disparu de bien des mémoires.



Biographie

François Jacob

La Conspiration du silence. Genève et Louis Dumur

MetisPresses, 182 p.