La nouvelle était dans l'air. Henri Loyrette, le président-directeur du Louvre, l'a confirmée vendredi lors d'une rencontre organisée par le Ministère de la culture entre les responsables des monuments historiques et des musées nationaux avec les professionnels du cinéma français. Le film adapté du best-seller de Dan Brown, Da Vinci Code, sera tourné dans le musée qui a servi de décor à plusieurs épisodes du livre. Les responsables du Louvre n'ont pas tenu rigueur à Dan Brown d'avoir usé et abusé de la licence littéraire, et d'avoir multiplié les inexactitudes dans sa description des galeries et des coulisses du musée.

Le réalisateur, Ron Howard, devra s'adapter à la réalité pour faire évoluer le héros, Robert Langdon incarné par Tom Hanks, entre les tableaux qui servent de prétexte à l'intrigue mystico-extatique qui a passionné plus de 16 millions de lecteurs dans le monde, dont 1,3 million en France. Des agences de tourisme organisent déjà des visites sur les sites utilisés par l'auteur. Et le personnel religieux de l'église Saint-Sulpice, qui est un autre décor du livre, se plaint de passer trop de temps à expliquer aux curieux qu'il n'y a chez eux ni secrets ni messages ésotériques dissimulés sous la pierre. Le diocèse de Paris a d'ailleurs refusé de mettre Saint-Sulpice à la disposition du tournage.

La direction du Louvre a reçu la lettre des producteurs au courant du mois de décembre et leur a donné son accord avant les Fêtes. Il s'agit pour l'instant d'un accord de principe. Le tournage devrait avoir lieu cet été, la nuit (ce qui correspond au déroulement du récit), et le mardi, jour de fermeture. Principalement dans la Grande Galerie et dans la Salle des Etats (où sont accrochées les œuvres de Léonard de Vinci, dont la Joconde) qui rouvrira le 6 avril prochain après rénovation.

Il n'y a pas encore eu de discussions avec la production du film, ni sur le plan de tournage ni sur ses conditions financières. Le Louvre a cependant un barème de tarifs concernant l'usage privé du Palais selon les locaux utilisés – de 7500 à 24 000 euros par jour plus les frais de personnel. Les responsables du musée sont conscients que ces sommes sont négligeables pour une production comme celle du Da Vinci Code, et ils envisagent de les renégocier, notamment à cause des contraintes techniques d'un tournage de cette importance et des droits de produits dérivés.