Groupe précoce du rock suisse, Lovebugs compte une discographique impressionnante malgré leur jeune âge. Cinq albums, une poignée de maxis: ce brillant tableau de chasse fait des Bâlois l'un des groupes rock suisses les plus prometteurs. Pas étonnant que le quatuor séduise tant les radios indépendantes que des chaînes de télévision spécialisées comme MTV ou VIVA.

Créé au début des années 90, Lovebugs a su s'extraire du marais grunge dans lequel la plupart des groupes suisses s'enlisaient alors. Adrian, guitariste et chanteur, précise: «La sortie de Nevermind de Nirvana a joué un rôle décisif dans ma volonté de faire de la musique. J'étais encore à l'école lorsque j'ai créé mon premier groupe. A l'époque, je ne connaissais rien de l'histoire du rock.» En s'alliant à Sebastian, ancien bassiste de Hazel O'Connor, icône new wave décatie, Adrian trouve un partenaire féru de rock, passionné par les sonorités psychédéliques. Le groupe participe alors à plusieurs concours, gagnant à chaque fois les premiers prix. «Les concours sont souvent ridicules, c'est vrai. Comment peut-on comparer du blues et du hard rock? Cela n'a pas de sens. L'intérêt pour les musiciens, c'est qu'on y gagne de l'argent. Cela nous a permis de financer un de nos albums.» Des disques qui séduisent le public alémanique et les milieux musicaux, en Suisse comme à l'étranger.

Lovebugs se revendique alors d'une pop britannique sexy et un rien arrogante. Une attitude qui jure dans le panorama rock helvétique. «Dans les premières années, nous avons tout fait pour cacher notre nationalité suisse. Et puis, on a réalisé que c'était un plus. Nous étions, comment dire, exotiques. Nous cassions l'image type du Suisse. Dans notre pays un groupe doit être très solide pour résister à la force d'inertie.» Pour ce faire, Lovebugs n'hésite pas à changer de formation. Depuis deux ans, Thomas, ancien leader des Supernova, apporte son talent de mélodiste au groupe bâlois. Un savoir-faire qui, allié à l'énergie naturelle du groupe, conquiert les multinationales du disque. «Nous avons visé dès le départ les grandes compagnies. BMG nous a pris en contrat et puis progressivement, les choses se sont envenimées. Ils voulaient changer notre musique, nous transformer en un boys band. Par chance, nous arrivions à la fin de notre contrat.» Depuis, Lovebugs a changé de maison de disques. Transatlantic flights, leur nouveau CD, a été produit par Warner.

Plus varié, plus organique, cet album a été savamment préparé. De multiples versions ont été enregistrées avant d'aboutir aux morceaux définitifs. «Pour la première fois, nous avons utilisé le studio comme un instrument. L'enregistrement final a duré cinq semaines, dans un petit studio bien équipé. Auparavant, la maison de disques louait des installations luxueuses mais seulement pour une dizaine jours. Nous n'étions jamais satisfaits du résultat.»

Transatlantic flights, par Lovebugs (Warner).