A Lausanne, l'heure est désormais à la détente. Après quatre ans de négociations, coups d'éclat et manifestations publiques, l'Association E la nave va… voit enfin ses désirs se prendre pour des réalités. Seul UBS, redoutant la fréquentation nocturne de ses environs, oppose encore une ultime résistance à l'aménagement, sous l'arche du Grand-Pont voisin, d'un club de 150 places, fruit d'une concertation cordiale entre la Ville et l'association.

Cette dernière opposition levée, la salle rock, fille spirituelle de la défunte Dolce Vita, verra le jour à l'hiver 2004. Le temps pour la scène lausannoise, réunie samedi soir au casino de Montbenon, de réaffirmer sur le mode badin la nécessité d'un tel lieu. 18 groupes, parmi lesquels Favez, Zorg, M. Obsolète, Magicrays ou Velma chantent ainsi «la paix et l'amour dans le monde» au fil d'une soirée dont les prélocations, à la grande surprise de ses organisateurs, se sont arrachées en une poignée de semaines.

Succès ponctuel, ne garantissant cependant pas la réussite d'un club régulier dans une ville «peu rock», comme le souligne Tanguy Ausloos. Egalement membre de E la nave va…, ce dernier voit le salut d'un tel lieu dans «la capacité de ses programmateurs à être à l'écoute des désirs de leur ville». Laquelle plébiscite aujourd'hui ses propres groupes, gage réjouissant d'une cohésion que l'absence prolongée d'une salle n'a guère entamée.

«Lôzane's Burning III». Casino de Montbenon, Lausanne, samedi dès 20 h 30 (portes 19 h 30). Avec 18 groupes lausannois. Loc. Disc-à-Brac et Obsession.