A bas les têtes brûlées surnommées génies qui, par leurs extravagances et leur rapidité d'esprit, troublent l'ordre établi! Seule la lenteur permet d'aller au fond des choses, aussi est-il interdit d'écrire un livre avant d'avoir atteint trente ans! Egalité des sexes! Liberté de croyance! Ces principes et bien d'autres apparaissent dans un classique de la littérature danoise, Le Voyage souterrain de Niels Klim (Niels Klims unterjordiske Reise) de Ludwig Holberg. Parue en latin, anonymement, en 1741, l'œuvre fut immédiatement appréciée et traduite en plusieurs langues; la présente traduction française est la première faite à partir de la version danoise de l'époque. Le «Molière du Nord» (ses comédies figurent toujours au répertoire des théâtres danois) se livre ici, comme Thomas More dans l'Utopie, ou Jonathan Swift dans Les Voyages de Gulliver, à une critique acerbe de son temps. Les aventures de Niels nous entraînent dans les profondeurs de la terre où, à la lumière d'une imagination burlesque et d'une ironie ravageuse, c'est un miroir de la morale des hommes qui nous est tendu, certes d'un peu loin dans le temps, mais l'image n'est que trop reconnaissable…

Trad. de P. Ducet

José Corti, 242 p.