Le poche de la semaine

«Luka et le feu de la vie» de Salman Rushdie

C’est à un voyage au cœur de la magie que nous invite l’auteur des «Enfants de minuit» dans ce récit rempli de jeux de mots acrobatiques et de clins d’œil au présent

Genre: Roman
Qui ? Salman Rushdie
Titre: Luka et le feu de la vie
Trad. de l’anglais par Gérard Meudal
Chez qui ? Folio, 270 p.

C’ est en hommage à son jeune fils Zafar que Salman Rushdie avait signé, il y a deux décennies, un livre pour enfants aux allures de parabole: Haroun et la mer des histoires , traduit chez Christian Bourgois. Le bien et le mal s’y affrontent dans un pays lointain – Alifbay – où vit Haroun, le fils de Rachid, un conteur dont la voix de rossignol sort des Mille et Une Nuits … Haroun, on le retrouve dans Luka et le feu de la vie . Il a vieilli de vingt ans et il a désormais un petit frère de douze ans, aussi vaillant que lui: Luka, «un garçon capable de renverser le cours du Temps, de le faire couler à l’envers et de nous rendre notre jeunesse». Nous voilà prévenus, le héros de Rushdie est un nouveau prodige et, lorsque son père Rachid tombera dans le plus profond des sommeils – impossible de le réveiller –, Luka décidera de le sauver. Et il s’aventurera dans une contrée imaginaire semée d’embûches, afin de trouver «le feu de la vie» qui pourra libérer son père de sa terrible léthargie. Lequel a un double monstrueux – «Papapersonne» – que Luka affrontera avec ses deux complices, un chien qui chante merveilleusement et un ours qui danse la rumba… C’est à un voyage au cœur de la magie que nous invite l’auteur des Enfants de minuit dans ce récit rempli de jeux de mots acrobatiques et de clins d’œil au présent: le sommeil de Rachid ressemble évidemment à la longue clandestinité à laquelle Rushdie fut condamné après sa fatwa. Comme tous les autres, son livre est donc une fable politique, une version satanique de La Belle au bois dormant dans des décors à la Kipling.

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