Lundi, dans les kiosques romands, chercher Météore ressemblait un peu à guetter une étoile filante bien loin des nuits des Perséides. La curiosité envers ce nouveau magazine au format d'un journal - et d'un grand journal, comme Le New York Times ou Die Welt - était visiblement plus grande que la distribution prévue. Météore est lancé par lundi13 avec LargeNetwork, qui a déjà conçu nombre de magazines, du luxe à la science, de l'aérien à l'automobile. Et il paraîtra tous les lundis 13, soit trois fois en 2017 (encore en mars et en novembre), et une seule fois en 2018, mais bel et bien pendant la période la plus propice aux étoiles filantes, le 13 août.

L'agence photographique lundi13, qui est en fait née le mardi 13 octobre 2015, joue donc avec son nom pour une publication qui permet à ses images de vivre une autre vie, qu'elles aient déjà été publiées, exposées, ou s'apprêtent à l'être. En tout cas pour le premier numéro, des invités étant attendus dans les éditions suivantes. En poster pleine page ou en vignettes, les photographies de Niels Ackermann, Fred Merz, Guillaume Perret, Nicolas Righetti et François Wavre attrapent le regard. Ce sont elles les vedettes, même dans des dimensions plus réduites. Les noms de leurs auteurs sont eux discrètement glissés dans les légendes ou les petits textes qui les accompagnent, écrits par Julien Calligaro et Pierre Grosjean, de LargeNetwork. Juste quelques lignes sur les circonstances de la prise de vue, les enjeux du reportage. Comme ce cliché de CR7, soit sa majesté Christiano Ronaldo, figé comme un Ken de plastique, pris par Fred Merz à une séance de maquillage.

Ainsi, les images de Niels Ackermann sur les pots de vin en Ukraine accompagnaient dans Politico un texte de Iuliia Mendel. Ici, elles prennent toute leur dimension de secret malsain. Une page est consacrée aux photographies que François Wavre prend des objets (images, lettres) liés aux conflits du XXe siècle qu'il collectionne sur les sites de vente aux enchères. Là, on aurait aimé les formats un peu plus grands, pour rendre ces pièces historiques plus sensibles. Guillaume Perret livre, lui, un petit bout d'un reportage au long cours qu'il construit avec une transsexuelle. Une courte romance qu'il capte avec tendresse. Nicolas Righetti offre aussi une avant-première, avec des images de son prochain ouvrage, tout en douloureuse mémoire, sur le régime des Khmers rouges.

Tiré à 2000 exemplaires, Météore paraît «alors que les journaux ont tendance à s'éteindre», rappelle-t-on en première page. Son programme: «apporter une respiration dans le vacarme de l'actualité et raconter l'époque contemporaine - la grande Histoire mais aussi les aventures minuscules - par le biais de photos originales, choisies avec soin». La mission est ici respectée. Ce nouveau journal se vend 5 francs en kiosque. A moins qu'on ne s'abonne à vie pour 50 francs seulement. Une étoile filante vaut bien un vœu: longue vie à Météore - et à ses abonnés.