Le violon n’est pas encore terminé. Il le sera d’ici à un mois. La prochaine étape sera le vernissage avant qu’il ne soit assemblé. C’est pourtant le seul instrument que le luthier David Léonard Wiedmer a pu présenter à la quarantaine de lecteurs du Temps venus l’écouter parler de son métier. «Une fois terminés, les instruments ne restent pas longtemps dans mon atelier. Les musiciens qui me les ont commandés les veulent tout de suite», sourit-il.

Le Valaisan de 30 ans, installé à Lyon, a accepté de venir partager sa passion, malgré un agenda archi-comble. «Il est plein jusqu’à fin 2026», dit-il, sans trop y croire lui-même. Les récompenses obtenues en novembre 2018 lors du concours de luthiers le plus prestigieux du monde ont porté leurs fruits. Mais lui imposent un rythme de création soutenu, d’une dizaine d’instruments par année. Il en est actuellement à son quarante et unième.

Une heure durant, les questions ont fusé, des détails de sa formation au choix du bois, en passant par les luthiers dont il s’inspire. La rencontre aurait pu ne jamais s’arrêter tant la passion du jeune homme est contagieuse et son métier intrigant. Peu avant la fin, un lecteur fait remarquer qu’il a manqué lors de cette soirée un archetier et un musicien pour comprendre toutes les facettes de cet instrument qu’est le violon. «Il faudrait bien plus d’une heure pour cela», rigole David Léonard Wiedmer. Mais qui sait, peut-être que Le Temps organisera cette rencontre un jour…