Au fil de ses réalisations pour le cinéma, de ses mises en scène pour le théâtre et de l’écriture de ses romans et récits, Christophe Honoré s’est construit une œuvre solide et passionnante où, souvent, il est question de lui. Mais sans que jamais ne pointe une autofiction narcissique, ni que la matière autobiographique ne débouche sur un ego trip qui exclurait le public. Avec Le Lycéen, son quatorzième long métrage, il creuse un sujet déjà évoqué dans Le Ciel de Nantes, la pièce qu’il a créée il y a une année – et notamment présentée à Lausanne: la mort de son père, alors qu’il était adolescent. Dans la brève apparition à l’écran de cette figure paternelle, il l’incarne d’ailleurs lui-même, comme pour enfin achever un long processus de deuil. L’ombre de ce père qui planera ensuite sur le film, c’est aussi celle de l’artiste tirant dans l’ombre les ficelles du petit théâtre de sa vie.