On regrette sa voix, mais on a sa plume. En cet été 2021, Lydie Salvayre préfère l’entretien épistolaire – par courriel – pour répondre aux questions qu’on lui pose sur Rêver debout, magnifique roman (épistolaire lui aussi!), où elle s’adresse, fâchée, admirative, amoureuse, reconnaissante, en un mot en «fan», à Cervantes, l’auteur de L’Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche. Comme Pas Pleurer, Prix Goncourt 2014, qui revisitait la guerre d’Espagne à travers l’histoire de ses parents et le texte de Bernanos, Les Grands Cimetières sous la lune, Rêver debout est un texte qui invite au courage et à la liberté, au rêve et à l’insurrection. C’est un souffle d’air et de joie – par moments féroce, et ça fait du bien – qui secoue nos vies un peu trop confinées. Patiente, fougueuse, impétueuse, Lydie Salvayre nous a répondu longuement, précisément, généreusement.