États-Unis

Lynzy Lab, la chanteuse qui se moquait de Trump

La jeune Américaine fait partie des intervenantes du TEDxLausanneWomen, qui a lieu ce mercredi à l’EPFL. Elle parlera de son travail d’artiste et de la gestion des critiques, qui n’ont pas manqué après le succès de sa chanson «A Scary Time (for Boys)»

«C’est une époque terrifiante pour les garçons.» Et pour Lynzy Lab Stewart, jointe par téléphone, «ça a été un mois et demi plutôt bizarre». Tout en simplicité et en ironie, sa chanson, postée début octobre sur les réseaux sociaux, a fait un buzz immédiat, enregistrant 9 millions de vues en deux jours. Elle répondait, sans jamais le nommer, à Donald Trump, qui soutenait la nomination du contesté Brett Kavanaugh à la Cour suprême et déplorait «l’époque terrifiante pour les jeunes hommes aux Etats-Unis, quand on vous dit coupable de quelque chose dont vous n’êtes peut-être pas coupable».

«Un viol ou de la gentillesse?»

Echaudée par ces propos, comme beaucoup d’autres, la Texane se saisit de son ukulélé et se lance dans une parodie musicale qui commence par le regret que les garçons «ne [puissent] plus parler à une femme ni la regarder dans les yeux. C’est tellement perturbant, est-ce un viol ou juste de la gentillesse?» Le texte énumère ensuite les difficultés qu’affrontent les femmes aux Etats-Unis et se termine sur un appel à aller voter pour les élections de mi-mandat.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’auteure, par ailleurs danseuse, chorégraphe et enseignante à l’Université d’Etat du Texas, n’avait pas anticipé le succès de A Scary Time (for Boys). Mais s’il lui a offert un tonnerre d’applaudissements numériques et d’être l’invitée des plus grandes émissions de télé aux Etats-Unis, il lui a aussi valu des critiques, pas toujours bienveillantes.

Des hommes reconnaissants

Celle qui est aussi cofondatrice du Performing Arts Project, un programme d’été destiné à former de jeunes artistes talentueux, estime qu’apprendre à les gérer fait partie du travail. «Il ne faut pas y accorder trop d’importance ou les prendre personnellement, mais plutôt se rappeler que les critiques n’ont en général rien à voir avec vous et tout à voir avec la personne qui les profère, parfois de façon très désagréable. Elle est peut-être peu sûre d’elle ou vous avez touché un point sensible chez elle.»

Lynzy Lab Stewart préfère penser aux réactions positives et aux hommes, par exemple, qui lui ont écrit en la remerciant de leur avoir ouvert les yeux sur «les efforts que les femmes doivent faire pour être en sécurité». Elle ne sait pas encore quel sera le thème de sa prochaine chanson, mais elle promet d’en diffuser plus souvent. D’autant que «maintenant, j’ai une plateforme et je me sens une responsabilité de l’utiliser pour défendre l’égalité et la diversité», poursuit celle qui s’est toujours sentie concernée par ces enjeux, mais plus encore depuis l’élection de l’actuel président américain.

Lynzy Lab parlera de tout cela et d’autres choses encore ce mercredi au TEDxLausanneWomen. Parmi les autres intervenantes se croiseront des profils aussi variés que ceux de la capitaine et fondatrice de l’équipe de football de Palestine, Honey Thaljieh, Olga Feldmeier, fondatrice de Smart Valor et surnommée la reine du bitcoin, de même que Sherin Khankan, première femme imam au Danemark et fondatrice de la première mosquée dirigée par des femmes.


TEDxLausanneWomen, mercredi 5 décembre à 19h, SwissTech Convention – EPFL, Ecublens.

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