Un anarchiste de rêve. Bruno Dani possède une bouille d’atmosphère qui défie tous les conformismes. Chaque soir, depuis trente ans, les spectateurs le croisent dans les théâtres romands, à Vidy en particulier, sa maison. Ils spéculent sur cette tignasse qui évoque le druide ou le carbonaro, sur cette rêverie en clair-obscur, sur ce bloc de silence, poignant comme un glacier en été, au milieu du foyer qui jacasse.

Bruno Dani, 65 ans, est un de ces laconiques sans lesquels il n’y a pas d’illusion comique. Depuis 1990, ce machiniste construit à Vidy les décors; en coulisse, pendant la représentation, il tire les fils qui les libèrent de la pesanteur; après l’extinction des feux, il les charge dans les camions pour que le spectacle revive ailleurs le lendemain.