C'était le maître de cérémonie des Oscars. Chris Rock a donné le ton dès son entrée sur la scène du Dolby Theater. «Bienvenue à la cérémonie des Oscars, également connue comme les prix des gens blancs», a-t-il lancé, ajoutant: «s'ils nominaient les présentateurs, je n'aurais même pas ce travail!».

La sélection des récompenses cinématographiques américaines a suscité une énorme polémique en raison de l'absence d'acteurs noirs parmi les nommés, pour la seconde année consécutive. Une situation qui a poussé les organisateurs à promettre de favoriser à l'avenir une plus grande diversité.

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Finalement, «Mad Max: Fury Road» a dominé la soirée, remportant six Oscars: meilleur mixage sonore, meilleur montage sonore, meilleur montage, meilleurs maquillages et coiffures, meilleurs décors et meilleurs costumes.

Quant à «The Revenant» d'Alejandro Inarritu, fresque de survie et de vengeance tournée dans des conditions éprouvantes, il reçoit l'Oscar du meilleur acteur et du meilleur réalisateur. «Spotlight», la saga journalistique sur les crimes pédophiles dans l'Eglise, remporte l'Oscar du meilleur film. 

Meilleur film: La saga journalistique «Spotlight», sur l'enquête du Boston Globe qui a révélé le scandale des prêtres pédophiles, a remporté l'Oscar du meilleur film de l'année dimanche. Ce film de Tom McCarthy avait pour rivaux notamment «The Revenant», d'Alejandro Inarritu, «Mad Max: Fury Road», de George Miller, ou «The Big Short: le casse du siècle», d'Adam McKay. Les producteurs ont rendu hommage aux victimes des abus sexuels dans l'Eglise et ont espéré que leur film aide le Vatican à agir pour les contrer.

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Meilleur acteur: Leonardo DiCaprio, l'une des plus grandes stars d'Hollywood, a reçu son premier Oscar dimanche pour son interprétation d'un trappeur en quête de vengeance dans «The Revenant». L'acteur de 41 ans, qui a décrit ce tournage dans le Grand Nord canadien et la Patagonie comme l'une des plus difficiles expériences de sa carrière, était grand favori. Il a reçu une ovation au Dolby Theatre et a appelé à agir contre «le changement climatique, qui est réel et se passe maintenant».

Meilleur réalisateur: Le cinéaste mexicain Alejandro Iñarritu est entré dimanche dans la légende d'Hollywood en recevant l'Oscar du meilleur réalisateur pour la deuxième année de suite avec son western sombre «The Revenant». Le Mexicain, qui avait déjà été sacré l'an dernier pour «Birdman», est le troisième réalisateur de l'Histoire à gagner deux fois de suite ce prix, après John Ford (1941 et 1942) et Joseph L. Mankiewicz (1950 et 1951). «Je ne peux pas y croire», a-t-il lancé en recevant sa statuette, rendant hommage à l'âme de son interprète Leonardo DiCaprio.

Meilleure actrice: L'Américaine Brie Larson a remporté dimanche à 26 ans l'Oscar de la meilleure actrice pour son interprétation poignante d'une jeune mère séquestrée et violée dans «Room». Elle a reçu son prix en rendant hommage à son partenaire à l'écran, l'acteur prodige de neuf ans Jacob Tremblay, qui incarne son fils. Elle rivalisait avec Cate Blanchett, Jennifer Lawrence, Charlotte Rampling et Saoirse Ronan.

Meilleur bande originale: Le compositeur italien Ennio Morricone, légende des musiques de western, a remporté l'Oscar de la meilleur bande originale dimanche pour «Les Huit salopards» de Quentin Tarantino. Agé de 87 ans, auteur de plus de 500 musiques de film, il n'avait jusqu'ici reçu qu'un Oscar honorifique pour l'ensemble de sa carrière. S'exprimant en italien, il a rendu hommage à John Williams, qui concourait aussi pour la musique de «Star Wars», ainsi qu'à Quentin Tarantino. Emu, il a reçu une ovation du parterre de stars réunies au Dolby Theatre.

Meilleur film en langue étrangère: «Le fils de Saul», du Hongrois Laszlo Nemes, a remporté dimanche l'Oscar du meilleur film en langue étrangère, éclipsant le Franco-turc «Mustang». Ce premier long-métrage bouleversant et crépusculaire sur l'Holocauste parle du sort tragique des Sonderkommandos, les prisonniers de camps de concentration, essentiellement Juifs, forcés par les nazis de faire fonctionner les chambres à gaz.

Meilleur film d'animation: «Vice-Versa», brillante et émouvante chronique du conflit des émotions dans la tête d'une pré-adolescente, a offert dimanche pour la quatrième année de suite l'Oscar du meilleur film d'animation aux studios Disney. Ce dessin animé de Pixar, filiale de Disney, avait subjugué la critique et séduit le public du monde entier avec ses personnages attachants, Joie, Tristesse, Dégoût, Peur et Colère, qui bataillent dans la tête de la petite Riley. «Nous avons imaginé ce film en voyant grandir nos enfants, ce qui n'est pas facile», ont déclaré les réalisateurs Pete Docter et Ronnie Del Carmen en recevant leur statuette dorée sur la scène du Dolby Theater.

Meilleur second rôle masculin: L'acteur britannique Mark Rylance a créé la surprise dimanche en remportant l'Oscar du meilleur second rôle masculin pour «Le Pont des Espions» de Steven Spielberg, pour lequel le roi des films d'action Sylvester Stallone était favori. Dans ce film d'espionnage qui se passe pendant la Guerre froide, Mark Rylance incarne un agent russe qui fait l'objet d'un échange de prisonniers. Lui et Sylvester Stallone, qui reprenait pour la septième fois le rôle de Rocky Balboa dans «Creed», rivalisaient notamment avec Christian Bale pour «The Big Short: Le casse du siècle».

Meilleur second rôle féminin: L'actrice suédoise Alicia Vikander a remporté dimanche l'Oscar du meilleur second rôle féminin pour «The Danish Girl», où elle interprète la femme de la pionnière transgenre Lili Elbe. L'actrice de 27 ans, l'une des grandes révélations de l'année passée, a rendu hommage à son partenaire à l'écran Eddie Redmayne: «Merci d'avoir été le meilleur partenaire possible, tu as amélioré mon jeu».