L'adaptation d'un roman en film est une aventure en soi, humaine, artistique, aux rebondissements multiples. Cet été, nous passons en revue les plus belles de ces sagas.

Episodes précédents:

(1/8) Et le Guépard s’est mis à danser

(2/8) Libre comme un oiseau moqueur

Le premier contact de Claude Chabrol avec Madame Bovary est lié à la sexualité. Il avait 13 ans et une fille de 14 qu’il courtisait l’a déniaisé sur un talus. Au cours de l’exercice, il a perdu une godasse et s’est fait engueuler par sa mère, «mais je m’en foutais, parce que j’étais heureux d’avoir connu la sublime étreinte et aussi content de monter dans ma chambre et de poursuivre la lecture du livre. Il y avait une espèce d’euphorie.» 

Madame Bovary l’a accompagné au bac, en licence de lettres. «C’était ma copine.» Il n’avait pourtant aucune envie de l’inviter dans sa filmographie, l’œuvre de Flaubert étant trop parfaite pour être portée à l’écran. Selon le cinéaste, l’adaptation de Minnelli, «cette espèce de comédie», est marrante, mais sans rapport avec le texte. Quant à celle de Renoir, un des trois cinéastes qu’il admire le plus, il regrette de la trouver «totalement erronée».