Au Musée Thyssen-Bornemisza de Madrid, coutumier des présentations de prestige, s'est ouverte hier (et jusqu'au 6 mai) une exposition d'envergure. Consacrée à la Renaissance méditerranéenne, elle illustre à travers plus de 100 œuvres les voyages des artistes et les itinéraires de leurs œuvres en Italie, France et Espagne au cours du XVe siècle.

Pour le commissaire de l'exposition, qui n'est autre que Mauro Natale, professeur d'histoire de l'art à Genève et spécialiste du Quattrocento, «rassembler la Renaissance méditerranéenne est une idée forte qui met en évidence les particularités des peuples du sud de l'Europe et le fait que la culture naît de la confrontation et du dynamisme». «Les 102 œuvres exposées, selon Tomas Llorens, le conservateur du musée, sont précieuses pour leur rareté et leur importance dans le XVe siècle.»

Soixante collections impliquées

La présentation rassemble – «ce qui n'a pas été aisé», d'après Mauro Natale – des peintures sur bois, mais aussi des incunables sur parchemin, des sculptures, tel le beau buste féminin sculpté par Francesco Laurana, prêté par le Louvre, et des textiles. Les œuvres proviennent d'une soixantaine de collections publiques et privées internationales, comme la National Gallery de Washington, la Galleria Sabauda à Turin, la Galerie des Offices de Florence, le Musée des beaux-arts de Bucarest, le Getty Museum de Los Angeles, ainsi que de cathédrales comme celle de Valence, ville où l'exposition fera ensuite étape durant l'été.

L'accrochage est articulé chronologiquement en trois parties. La première section introduit la situation en partant de l'art gothique et en s'attachant aux relations entre les cours françaises, italiennes, les princes hollandais et les centres germaniques de 1390 à 1440. La deuxième partie s'attache aux grandes évolutions artistiques qui ont trait au développement de la perspective, à la découverte de la peinture à l'huile qui va s'étendre de l'Italie aux autres régions. Elle fait aussi état du goût prononcé pour le naturalisme qui se manifeste aux Pays-Bas et se répandra en Espagne et dans la péninsule italienne. Quant à la troisième et dernière partie (1460-1500), elle aborde la conception de l'espace des artistes italiens, l'arrivée des artistes du Nord en Italie et montre les fusions qui s'opèrent entre les tendances françaises et flamandes.