Votation du 28 février oblige, les discussions vont bon train sur l’architecture du Musée d’art et d’histoire de Genève. Ce lundi, dans un calendrier maîtrisé, son directeur, Jean-Yves Marin parlait contenu. Il présentait, outre l’achat d’une huile de Cuno Amiet (Autoportrait en blanc, 1907), son «Projet scientifique et culturel», ou du moins un condensé, tout relatif, une soixantaine de pages au lieu des 220 du document officiel. Un objet entre la profession de foi et le cahier des charges pour les années qui succéderont aux travaux, quel que soit le résultat des urnes. «Environ 80% du projet est utilisable si l’agrandissement est refusé», assure le directeur du MAH.

«Il n’y a rien eu d’équivalent depuis mon lointain prédécesseur, Claude Lapaire en 1973», fait-il remarquer. Pour lui, cet exercice du style «bilan et perspectives» devrait se pratiquer à peu près tous les dix ans, et en tout cas à chaque grand changement dans le musée. Il se félicite de voir la Ville de Genève le promouvoir, le Muséum d’histoire naturel s’étant déjà prêté au jeu l’an dernier. Le document réunit nombre d’informations historiques et statistiques mais il reste assez abstrait en ce qui concerne les perspectives. Quel changement essentiel dans le fonctionnement du musée prône-t-il? «C’est le rapport entre collections et publics qui doit changer. Avant, le pilier, c’était les collections et le public venait s’il en avait envie.»

Musée encyclopédique

Jean-Yves Marin souhaite aussi que le MAH assume et défende son aspect encyclopédique, qu’il tienne autant des discours historiques, y compris sur une histoire très contemporaine, qu’archéologiques ou artistiques. Le projet souhaite aussi accélérer considérablement le renouvellement des collections dans les salles, jusqu’à 30% tous les dix ans, à peu près dix fois plus qu’aujourd’hui.

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Une équipe pluridisciplinaire a planché sur ce projet, nourri aussi par des ateliers à l’interne et la consultation de directeurs d’institutions en Suisse et à l’étranger. Un «plan d’action» est déjà ébauché qui attend le résultat du vote pour se développer. Avec quels budgets, quelles équipes tout cela peut-il se mettre en place? «De nouvelles générations de professionnels arrivent au musée. Et si les projets sont bien préparés, on peut économiser beaucoup par rapport aux situations de bricolage qu’impose l’état actuel du bâtiment».