Royal, Thomas Ostermeier! Tellement à l’aise, évocateur et souverain. Mercredi soir, le directeur de la Schaubühne, à Berlin, a donné une Masterclass à Vidy et le public en a été médusé. D’abord, ce constat, réjouissant. Quand on aime le théâtre, on n’aime pas seulement le voir, on aime aussi entendre un pro le raconter. Ainsi, la salle Apothéloz était-elle à peine assez grande pour contenir les fans du metteur en scène allemand, séduits par la puissance de ses acteurs et la pertinence de ses lectures.

Son truc? Le réalisme. Qu’il a savamment opposé au naturalisme. Le naturalisme, a-t-il expliqué, c’est la plate reproduction des choses. Le réalisme, lui, permet au théâtre de faire affleurer le sous-texte de la vie, les éléments qui se situent en profondeur. Oui, mais comment obtient-il de ses acteurs ce jeu si perçant et si percutant? En arrivant aux répétitions sans n’avoir aucun concept de mise en scène préalable. «Il s’agit vraiment d’un laboratoire. Les comédiens donnent le meilleur d’eux-mêmes dans leur vision du texte, je me place en spectateur et ne garde que ce qui me semble en phase avec la réalité, et ensemble, on arrive à un résultat deux fois meilleur que ce qu’on aurait pu imaginer chacun de notre côté», a-t-il détaillé en français. Le meilleur en bande et au carré, l’accord est parfait.

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