«Je ne rêve jamais la nuit, mais dans mon atelier je suis en plein rêve.» Les mots de Joan Miró semblent résonner jusque dans l’appartement barcelonais de Malika Favre. L’illustratrice française a trouvé refuge dans la ville du peintre catalan qui faisait de ses songes une matière à modeler. Baigné d’une lumière méditerranéenne, son espace, mi-domicile, mi-atelier, est couvert d’une décoration foisonnante. Un alebrije, une créature onirique venue du Mexique, se terre sous une console en bois. «Le plus bel animal du monde», s’amuse-t-elle en braquant la caméra de son ordinateur sur la sculpture lors d’une visite improvisée en visioconférence.

Des figurines de ballet Bauhaus dansent sous un miroir circulaire. Un piano trône dans un coin monochrome. Juste au-dessus, une affiche du Montreux Jazz, réalisée en 2017 par l’artiste de 38 ans, met en scène des danseuses dont les silhouettes forment des instruments de musique dans un clair-obscur saisissant. La caméra vacillante se pose un instant sur un bar – «très important le bar» – avant de s’arrêter sur un sofa dessiné par le graphiste américain Cleon Peterson, pièce maîtresse dont l’assise moelleuse constitue son principal poste de travail. Malika Favre a le goût du beau et le souci du détail.