Cinéma

«Il mangiatore di pietre», méfiance et non-dits dans les Alpes piémontaises

Adaptée d’un roman de Davide Longo, cette coproduction italo-suisse entremêle western et thriller dans une ambiance sombre et anxiogène

Regard vide et épaules voûtées, Cesare fait face à une femme venue lui rendre visite. Il purge une peine de prison, on ne sait pas pourquoi. La suite, forcément, l’explicitera. Voici donc qu’on le découvre vivant avec son chien pour seul compagnon dans un chalet juché au fond d’une vallée piémontaise. Adapté du roman éponyme publié en 2004 par Davide Longo, Il mangiatore di pietre («le mangeur de pierres») est d’abord un film d’atmosphère faisant de son décor naturel, de ces Alpes battues par le vent, rongées par le froid, un personnage central du récit.

A la dimension sociale, quasi anthropologique du film, s’ajoute alors bientôt un argument policier: un homme est retrouvé mort, assassiné. Cesare le connaissait, et c’est même lui qui a fait la macabre découverte. Forcément, le voici suspect. Savait-il que la victime frayait avec des trafiquants de drogue? Est-il lui-même membre de la petite mafia locale qui fait la loi?