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«Maniac», des vies sous pilules

Coconçue par Cary Fukunaga, la nouvelle série de Netflix réunit Emma Stone, Jonah Hill et Justin Theroux autour d’expériences psychologiques. Un trip en direct d’années 1970 du futur

Maniac propose d’abord un savoureux mélange d’époques. Elle se déroule dans un genre de rétro-futur, avec des robots ramasseurs de crottes dans les rues qui tiennent de la vision d’avenir, mais aussi avec des ordinateurs antédiluviens et des meubles de design baba. L’histoire paraît se dérouler dans des seventies modernes, brouillant les pistes temporelles.

Entre autres brouillages. La série de Netflix, conçue par Cary Fukunaga (réalisateur pour True Detective) et Patrick Somerville, multiplie les pistes et les dédales, pour le plaisir d’un public surpris par cette originalité tranchée. La mini-série de 10 épisodes raconte les explorations mentales d’Owen (Jonah Hill), un fils de bonne famille suicidaire, et Annie (Emma Stone), une junkie qui veut se reprendre mais demeure accro aux pilules.

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Des essais pharmaceutiques

Stigmatisés comme schizophrènes, tous deux se retrouvent dans les fauteuils – structures roulées orange, encore les 1970’s – d’une société pharmaceutique qui teste un médicament censé supprimer «toutes les douleurs» psychologiques. C’est un programme. Après la mort instantanée du directeur de recherche, en plein entretien avec Annie, la firme va pêcher un ancien employé devenu adepte de la réalité virtuelle érotique – Justin Theroux, qui se détend après l’odyssée The Leftovers.

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D’après une série norvégienne

On l’a peu dit, mais Maniac adapte une série norvégienne de 2015, laquelle semblait davantage axée sur un personnage central. Les deux Américains jouent la carte de leur duo de personnages en tension permanente, mais qui semble bien avoir un passé en commun, quoi qu’ils en pensent eux-mêmes.

S’ensuivent des scènes de déambulations mentales, sous l’effet des pilules «A», «B», etc., dans des épisodes réels ou imaginaires du passé des protagonistes. Est-ce vrai ou non? Le statut de ces visions constitue l’enjeu des épisodes, en parallèle à l’évolution de héros dans cet essai de pharma assez douteuse. La recette permettrait de concocter de nombreux chapitres. Cependant, les auteurs-réalisateurs ont interrompu les spéculations. D’autant que désormais, Cary Fukunaga embarque sur le paquebot James Bond, après la défection de Danny Boyle. Autre envergure.

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