Sur le front des festivals qui s'étend de Paris, où les assemblées générales d'intermittents en colère s'enchaînent, à Avignon, autre pôle majeur, puisque doit s'y ouvrir mardi prochain l'un des plus importants festivals de la saison française, les nouvelles évoluent d'heure en heure. Hier dans un communiqué, François Fillon, ministre des Affaires sociales, a confirmé que le gouvernement engageait la procédure relative à l'agrément de l'accord signé vendredi 27 juin dernier par trois organisations patronales (MEDEF, UPA, CGPME) et trois confédérations syndicales de salariés (CFDT, CFTC, CGC) (voir Le Temps du 30 juin 2003). Dans ce même communiqué, Jean-Jacques Aillagon, ministre de la Culture, «attentif aux préoccupations qui se sont exprimées ces derniers jours sur les conditions de mise en œuvre de cet accord», propose aux organisations syndicales de se réunir, aujourd'hui, au Ministère de la culture.

A Avignon, après avoir décidé la levée de la grève lundi tard dans la soirée, le mouvement des intermittents appelle à une action nationale aujourd'hui. Dès jeudi, une trêve devrait être ensuite maintenue jusqu'à lundi. Les décors devraient donc être montés comme prévu et Wolf d'Alain Platel, spectacle inaugural du festival, pourrait avoir lieu mardi 8. Sauf que les intermittents risquent bien de relancer le mouvement lundi dans la journée si les discussions avec le ministère n'aboutissent pas. Du côté de la direction du festival, l'équipe, descendue de Paris, prenait hier ses quartiers d'été dans le cadre idyllique du Cloître Saint-Louis comme si de rien n'était. Fiction. Une assemblée générale rassemblant intermittents et direction est prévue cette après-midi au Cloître des Célestins. Cela promet d'être mouvementé.