Les sculptures de Marc Ferroud, qu'Alain Jouffroy a qualifiées du néologisme «aérotecture», jouent sur l'alliance des deux sortes de fils métalliques qui les composent. Les fils galvanisés présentent leur entortillement, leur aspect mat et âpre, tandis que les fils inox brillent et coulent avec davantage de souplesse. Les uns prolongent les autres, les habitent, comme une âme. Parmi les 17 «aérotectures» exposées à la galerie Sonia Zannettacci, la plupart sont récentes alors que d'autres datent des années 90.

D'abord informaticien chez IBM, le Français Marc Ferroud s'est tourné vers la sculpture de métal. Ses constructions ressemblent à des mobiles, tant elles paraissent légères, sujettes à se mouvoir selon le vent. Certaines sont même dotées de manières de contrepoids en acier. Pourtant, elles sont fixes, accrochées par un fil au plafond, reposant au sol, s'appuyant à la paroi. Simples architectures du vide, belles à contempler. Cette beauté réside dans le caractère imprévisible de la forme, qui se love ou se redresse, se tord pour mieux finir en queue de poisson.

Les points d'intersection des fils torsadés et des fils galvanisés ponctuent l'espace ainsi redessiné, dont les trois dimensions semblent faire davantage que dialoguer entre elles: on dirait qu'elles s'interpénètrent, échangent place et fonction, constituent une autre dimension.

Aérotecture, Galerie Sonia Zannettacci (rue des Granges 16/ rue Henri-Fazy 4, Genève, tél. 022/311 99 75). Lu 14h-19h, ma-ve 10h-12h et 14h-19h, sa 11h-17h. Jusqu'au 20 mars.