En parcourant l'affiche d'Overground, son nom surgit soudain. Marc Ribot jouera le 24 août à Genève. Pour beaucoup, le guitariste new-yorkais se résume à une mention sur les albums de Tom Waits, Elvis Costello ou Alain Bashung; accompagnateur déglingué de songwriters décalés. Pour d'autres, il s'affirme comme l'un des pilliers d'une nouvelle vague américaine dont les grandes lignes ont été définies il y a dix ans par le saxophoniste John Zorn. Jamais totalement intégré dans le mouvement juif de Big Apple, Marc Ribot en a néanmoins écrit certaines pages majeures. Avec le combo brigand Lounge Lizards, avec aussi ce Buena Vista Social Club d'apocalypse, Los Cubanos Postizos, qui fait encore les très riches heures du club Tonic fondé par Zorn.

Né en 1954 à Newark, New Jersey, Marc Ribot s'apprête à rompre avec le succès d'estime de ses albums d'inspiration latine. Au calendrier de sa maison de disques Atlantic, son nouvel album, Saints, devrait sortir au mois de septembre. Magnifique confession solitaire, l'ouvrage radicalise les récentes inclinations de Ribot. Le guitariste déconstruit, avec doigts et ustensils divers, des thèmes des Beatles ou d'Albert Ayler. Technicien magistral, improvisateur béni, Marc Ribot extirpe de son instrument tout ce que le bois et les cordes peuvent irraisonnablement produire. Avant le concert de Genève, lui aussi joué en solo, ce disque préfigure une prestation d'exception.

Marc Ribot en concert: Le 24 août à 22 heures.