L’élégance du lévrier. Son flegme, son flanc maigre, sa nervosité latente. Dans ses santiags et son costume cintré, Marc-Olivier Wahler a belle allure dans le couloir souterrain du Musée d’art et d’histoire (MAH) à Genève. Le patron de la maison vous conduit ainsi du bâtiment administratif au palais. Il pousse une porte: un escalier vertigineux vous happe.

Sur les marches, il se souvient: une jeunesse neuchâteloise où il fusait sur son skate et où sa silhouette longiligne faisait impression sur les terrains de foot. C’était avant qu’il ne tombe en arrêt devant un tableau de Gérard Schneider exposé à la galerie Ditesheim. En ce temps-là, il n’imaginait pas qu’il cofonderait le Centre d’art de Neuchâtel, qu’il régenterait à Paris le Palais de Tokyo, bastion de l’art contemporain, qu’il ferait vrombir sa moto sur les routes venteuses du Michigan.