Elle s’appelle Marianne Faithfull. Elle a 74 ans. En un demi-siècle, elle a tant failli disparaître qu’on n’imaginait pas qu’un virus sorti de nulle part pourrait précipiter sa fin. C’est pourtant ce qui s’est passé au printemps 2020. «Darlin’, tu ne veux pas savoir ce que ce fichu covid m’a fait», dit-elle, d’une voix lente, lourde, brisée. Aujourd’hui installée à Putney, au sud-ouest de Londres, cette icône du «Swinging London» publie un album consacré aux poètes anglais du XIXe siècle qui, toute sa vie, l’ont accompagnée, comme Byron ou Tennyson. «J’ai tellement souhaité faire cet album, jure-t-elle. C’est presque étrange qu’il soit là maintenant.»