Surprise mardi avec le Prix Médicis. Celui-ci a couronné Marie Darrieussecq, une romancière talentueuse mais qui signe, en cette rentrée 2013, un de ses romans les moins intéressants. I l faut beaucoup aimer les hommes (P.O.L) passe à côté de son sujet, une histoire d’amour entre un Africain et une Française – un Noir et une Blanche, souligne l’auteure –, le tout sur fond hollywoodien, et aligne les clichés. Toutefois, il y a quelques belles pages africaines, où l’on retrouve la veine fantastique de Marie Darrieussecq.

S’il s’agissait de couronner une femme (Léonora Miano, lauréate du Femina pour La Saison de l’ombre, chez Grasset, étant assez seule parmi les élus des prix 2013), les jurés du Médicis auraient pu ­choisir Céline Minard. L’auteure de Faillir être flingué (Rivages) signe aussi un livre à certains égards plein de clichés, mais elle les détourne avec art et puissance.

Charif Majdalani, avec son Dernier Seigneur de Marsad (Seuil), ou l’outsider lausannois Roland Buti, avec Le Milieu de l’horizon (Zoé), étaient également en lice avec de beaux livres. Sans oublier Frédéric Verger, dont Arden partait pourtant favori du Médicis, un roman resté face à Au revoir là-haut (Albin Michel) de Pierre Lemaitre au dernier tour du Goncourt.

Pour le roman étranger et l’essai, ce sont respectivement le Néerlandais Toine Heijmans pour En mer (Bourgois) et la Biélorusse Svetlana Alexievitch pour La Fin de l’homme rouge (Actes Sud) qui sont distingués par le Médicis.

Médailles d’argent

S’agissant des écrivains romands, le résultat de cette saison des prix n’est pas mauvais. Roland Buti, avec Le Milieu de l’horizon, est resté jusqu’au bout sur la liste du Médicis, ce qui est remarquable. Philippe Rahmy, avec son ­magnifique Béton armé (La Table ronde), a obtenu lundi une sorte de médaille d’argent du Prix Wepler - Fondation La Poste, derrière Marcel Cohen (Sur la scène intérieure. Faits, Gallimard). Béton armé a reçu une «mention spéciale» du jury du Wepler pour «l’excès, l’audace, l’érudition et l’inclassable» de sa plume. Quant à David Bosc, auteur du réjouissant La Claire Fontaine (Verdier), qui figurait sur la première liste des Goncourt, il reste en lice pour le Goncourt des lycéens. Il a obtenu le Prix Marcel Aymé. Il décroche aussi un accessit auprès de la Société des gens de lettres, un des sept Prix Thyde Monnier que la SDGL a décernés cette année.