Bénie soit Marielle Pinsard. L’artiste a choisi son église, Saint-François à Lausanne. Et sa religion: le cosmos, c’est-à-dire vous, moi, parcelles d’étoiles. Elle monte en chaire, sérieuse comme un ingénieur de l’Agence spatiale européenne, et s’adresse à des ouailles tourneboulées. A ses pieds – à droite, à gauche, devant elle –, des centaines d’yeux. A ses pieds encore, au centre, le compositeur Valentin Villard, rubicond et pince-sans-rire dans sa robe de cérémonie. Dans la nef, tout stridule, gargote, marmotte, à la lueur des cierges disposés en bosquets.

Mais de quelle extraordinaire messe parle-t-on? Du Requiem pour Rosetta – Une histoire d’amour, ode musicale et chorale signée Valentin Villard, Marielle Pinsard et Mathylde Demarez. L’autrice s’adresse donc à la foule, mais aussi aux choristes, encapuchonnés comme des sœurs et des frères, figés dans leurs stalles. «Bonsoir, Mesdames, Messieurs, chers adeptes ou futurs adeptes, bienvenue au Requiem de Rosetta, Rosetta partie aux confins de notre système solaire pour tenter de comprendre les prémices de notre humanité.»