Pourquoi Marilyn Monroe était-elle blonde?

Question idiote, question de blonde, pensez-vous. Détrompez-vous. Marilyn Monroe n’est pas née platine: elle l’est devenue. Oui, comme on devient femme selon Simone de Beauvoir. Ou star pour la légende hollywoodienne. La métamorphose a eu lieu en 1945. Celle qui n’est encore que Norma Jeane a 19 ans. Elle est mariée à un marin de cinq ans son aîné, travaille à l’usine et commence à connaître un joli succès comme modèle de calendriers. Mais Norma la brune veut plus: elle se rend donc à un casting pour une marque de shampoing. Le photographe accepte de la prendre à condition qu’elle s’éclaircisse les cheveux. Elle fera mieux: se les décolorer comme la star de l’époque Jean Harlow, qui est l’idole de sa tutrice Grace McKee. Une jolie manière de rendre hommage à sa protectrice. Norma gagne en luminosité, rêve de cinéma, fait ses premiers essais. La caméra tombe immédiatement amoureuse d’elle. «Un miracle de densité charnelle», dira Billy Wilder. Le mythe des blondes commence…

Pourquoi dit-on d’une femme qu’elle «porte la culotte»?

Nos sociétés occidentales ayant une longue tradition patriarcale, c’est traditionnellement l’homme qui aurait l’ascendant dans les décisions du couple. Par ailleurs, la culotte, au temps jadis, était une pièce de vêtement exclusivement masculine qui couvrait le corps des hanches jusqu’au-dessous du genou (rien à voir avec nos culottes actuelles). Qui portait culotte était donc homme. Par ironie, on utilisa l’expression «porter la culotte» pour signifier que c’était parfois la femme qui menait le bal.

On notera qu’au sens propre, les femmes durent batailler pour la porter: Catherine de Médicis tenta de l’imposer, sans succès. Au XIXe siècle, George Sand et Rosa Bonheur firent scandale en passant à l’acte, et Sarah Bernhardt affola ses admirateurs dans ses rôles travestis, portant culotte ou pantalon. On notera enfin qu’au pays d’Ikea, les Suédois disent pour cela: «décider de l’emplacement de l’armoire», «Bestämma var skåpet skall stå».

Pourquoi le perroquet répète-t-il ce qu’il entend?

«C’est qui? C’est le plombier!» On se souvient du sketch de Fernand Raynaud. Pourtant, si le perroquet répète tout derrière vous, ce n’est pas pour vous rendre chèvre mais parce qu’il a une excellente ouïe, et une langue qui, physiologiquement, lui permet de reproduire les sons.

Son écoute exceptionnelle lui permet en priorité de trouver l’âme sœur, d’identifier son cri parmi ceux de ses congénères, puis de le reconnaître dans le brouhaha de la forêt tropicale. L’affaire est sérieuse car le perroquet est monogame, et quand il cherche un partenaire, c’est pour la vie. «Allô Meetic! Allô Meetic!…»

Son don d’imitation lui sert aussi de moyen de défense pour leurrer certains de ses prédateurs ou alerter ses pairs en cas de danger.

Même s’il peut reproduire et imiter le langage humain, le perroquet ne manie pas la grammaire. Il associe les mots aux objets ou aux personnes. Les éthologues disent qu’il parle en situation, comme le font les acteurs sur la scène.

Pourquoi les blouses des chirurgiens sont-elles vertes ou bleues?

Avant de passer au vert ou au bleu, les chirurgiens avaient coutume, en salle d’opération, de porter des vêtements blancs qui dramatisaient les flots de sang et «posaient» en quelque sorte la compétence et le statut du chirurgien. Jusqu’à ce que l’un d’entre eux avise que le vert ou le bleu offrait la possibilité à ses yeux de se reposer et surtout de revivifier sa capacité visuelle. Le personnel médical doit en effet se concentrer un maximum sur le corps du patient où prédomine la couleur rouge du sang. Sans contraste, l’œil finit par voir ses capacités à bien distinguer les choses s’émousser. On évite ainsi également les effets de persistance rétinienne qui font qu’à force de fixer du rouge, on finit par percevoir, si l’on porte du blanc, des images fantômes de la couleur complémentaire, ce qui peut être fort gênant.

Pourquoi dit-on tomber dans les pommes?

Deux écoles s’affrontent autour de cette expression. Pour les uns, «tomber dans les pommes serait une déformation linguistique de «pâme» (syncope) qui a donné «tomber en pâmoison». Au fil des siècles, par jeu de mot ou naïve homophonie, la pomme aurait remplacé la pâme. Une autre école, certifiant que l’expression apparaît en 1889, l’attribue à George Sand dans une de ses «Lettres à Madame Dupin». L’auteure de «La Mare au Diable» écrit alors «être dans les pommes cuites» pour exprimer un état de fatigue avancé. L’hypothèse semble logique compte tenu d’une pratique fréquente au XIXe siècle, celle de lancer des pommes en compote aux acteurs jugés mauvais. Une jolie pomme de discorde en tout cas que cette expression.

Pourquoi de nombreux produits Apple ont-ils un i dans leur nom?

iMac, iPhone, iPod, iPad, iTunes… Quelle mouche a piqué Apple de multiplier ainsi ce petit «i»? La firme ne répond pas officiellement, mais accueille sur sa page communautaire une question à ce sujet. Les internautes croient savoir que le «i» est apparu pour la première fois en 1998 avec le «iMac G3» et valait pour «Internet». C’est le publicitaire Ken Segall qui l’aurait suggéré à Steve Jobs – lequel aurait préféré, lui, qu’on l’appelât «MacMan». Sur le réseau social Quora, Jatin Shridhar se souvient des slides de présentation de la keynote de Steve Jobs. Le premier disait «iMac: the excitement of Internet. The simplicity of Macintosh.» Steve Jobs enchaînait: «i signifie pour nous d’autres choses encore. Nous sommes une compagnie d’ordinateurs personnels et comme ce produit est né pour réseauter, c’est aussi une splendide plateforme en soi pour le faire.» Le slide suivant dramatisait: «i.internet, individuel, instruire, informer, inspirer.» On a regardé la keynote sur YouTube: Jatin Shridhar a raison