A l’heure où la parole des femmes se libère, à l’heure où elles descendent dans la rue, le succès de la jeune chanteuse grecque Marina Satti est emblématique. Déjà reconnue dans son pays, cette femme de 32 ans fait le buzz dans toute l’Europe. Il faut dire qu’elle cristallise en elle virtuosité musicale et mélodies simples, puissance et douceur, féminité et détermination. Son premier clip – un long travelling où elle déambule dans un quartier d’Athènes avec son «gang de filles» – a déjà été vu près de 42 millions de fois sur YouTube.

En octobre dernier, elle se produisait en Finlande dans le cadre du célèbre Womex, un marché musical des musiques du monde itinérant. Ce jeudi 5 décembre, sa prestation est très attendue au grand rendez-vous des musiques actuelles françaises, les Transmusicales de Rennes. Mais c’est cet été, peu avant son entrée sur la scène Ella Fitzgerald des Musiques en été, à Genève, que nous l’avons rencontrée. Du haut de ses talons, vêtue d’un short, Marina Satti assume fièrement son look et son goût pour la pop, tout en s’inscrivant dans une longue et fertile tradition musicale. Son projet actuel s’appelle Yalla («on y va» en arabe). Il relit, réinterprète, réarrange des musiques qui vont de Björk à des pièces issues du répertoire d’Asie mineure du XIXe siècle en passant par les Balkans, l’Afrique et la Grèce. Le tout en mode polyphonique, avec quatre chanteuses, des claviers, une section rythmique et des chorégraphies.