«Le Tribunal administratif fédéral (TAF) donne tort une fois à Pro Helvetia et il faudrait conclure que nous travaillons mal! Cette conclusion me semble un peu hasardeuse!» Président de la fondation suisse pour la culture, Mario Annoni encaisse la décision du TAF rendue publique hier (lire LT du 11.11.2008). Les faits? La Fondation Niedermeyer - du nom du compositeur nyonnais Louis Niedermeyer - avait demandé le soutien de Pro Helvetia pour deux concerts organisés les 27 avril et 23 mai derniers. L'aide - une garantie de déficit d'un montant de 5000 francs - a été refusée. Et les organisateurs ont fait recours auprès du TAF, conformément à la procédure prévue depuis 2007.

Le Temps: Le TAF juge trop courtes les explications données par Pro Helvetia pour justifier son refus. Ce n'est pas la première fois que ce reproche est formulé. Comment y remédier?

Mario Annoni:On nous demande de diminuer les frais administratifs. Nous ne pouvons pas, dans cette logique-là, mobiliser un expert pour chaque dossier. Il est toutefois évident que nous devons tenir compte des critiques du TAF. Nous ne faisons pas tout juste, certaines justifications sont trop sommaires. On doit pouvoir s'améliorer.

- Comment?

- Il faut simplifier d'un côté, mieux argumenter de l'autre côté. Il ne faut pas, par exemple, que les formulaires de demande de soutien soient trop compliqués, qu'ils constituent une barrière. Concernant nos décisions, il est essentiel qu'elles soient mieux motivées, de la manière la plus complète possible. Nous faisons déjà un effort dans ce sens.

- Faut-il renforcer l'équipe administrative de Pro Helvetia?

- Notre ambition est de donner le plus d'argent possible à la culture, pas à l'administration! Si nous demandons des moyens supplémentaires, c'est pour la promotion culturelle. C'est notre destin.

- La décision du TAF est un mauvais coup pour Pro Helvetia?

- Bien sûr! Ce n'est jamais bon. Mais dans un système comme le nôtre, il est normal qu'on puisse faire recours. Sur 3400 requêtes annuelles, 60% environ essuient un refus. Il y a moins de dix recours par an. Et il est très rare que nous perdions.