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Marion Poschmann, partir au Japon et se trouver soi-même

Le roman de Marion Poschmann, en lice pour le Man Booker Prize, invite à l’errance sur les traces du poète Basho

Il y a une verve et une originalité qui frappe dès les premières lignes. Les îles aux Pins de Marion Poschmann impressionne par sa maîtrise narrative. «Il avait rêvé que sa femme le trompait. Gilbert Silvester se réveilla hors de lui. La chevelure noire de Mathilda s’étalait à proximité, sur l’oreiller, tentacules d’une méchante méduse plongée dans la poix.»

La description des cheveux d’une femme sur un oreiller fait habituellement écho à un moment de complicité amoureuse, de contemplation érotique. En dénaturant ce motif littéraire, Marion Poschmann expose l’état sentimental instable du protagoniste, victime de cette hallucination lyrique. Ce décalage esthétique fécond, auquel le lecteur est d’emblée confronté, restera présent tout au long du récit.