A chaque fois qu’il prend place dans une salle obscure, toujours au premier rang, Mark Cousins se sent comme un gamin. «Je me soumets au film», dit-il. Durant la projection, il se laisse guider par ses émotions, et ce n’est que dans un second temps qu’il utilise son cerveau. Documentariste irlandais installé à Edimbourg, il fait partie de ces cinéphiles qui vivent dans un constant état d’émerveillement, loin des nostalgiques estimant que le cinéma, c’était mieux avant. «Même si j’adore les films des années 1920, 1960 ou 1990, je suis convaincu que le cinéma est encore dans son enfance. C’est une forme d’art encore très jeune, on n’a encore rien vu de ce qu’elle est capable de proposer. Le futur sera encore meilleur! Prenez par exemple Apichatpong Weerasethakul: il utilise le cinéma et la caméra d’une manière inédite.»