Mark Spragg, Là où les rivières se séparent. Trad. de Laurent Bury, Albin Michel, 342 p.

Les écrivains de l'ouest américain sont des dévoreurs d'immensité qui échafaudent des romans souvent très virils où l'écologie et le western se mêlent, dans la même jubilation cosmique. Parmi eux, l'ogre Jim Harrison, bien sûr, mais aussi Rick Bass, James Galvin, Thomas McGuane. Et Mark Spragg, une nouvelle recrue qui débarque du Far West légendaire avec Là où les rivières se séparent (Where Rivers Change Directions ) , un récit à la fois autobiographique et naturaliste qui se situe au cœur du Wyoming – la terre natale de l'auteur. Nous sommes au ranch des Sabres Croisés, près du parc de Yellowstone, en compagnie d'un jeune narrateur qui raconte de quelle sauvage manière il a traversé les années 1960: à dos de cheval… Pas d'intrigue dans ses confessions, mais de superbes digressions où il évoque son père, les cow-boys de la région, les travaux quotidiens, la chasse, et surtout ses folles chevauchées au pied des montagnes cuivrées, sur des pur-sang qui furent ses vrais confidents. Dépouillé comme les paysages du Wyoming, ce récit enchante par les musiques, les couleurs et les odeurs qui s'y mêlent: une country song que l'on écoute pour faire le plein d'exotisme.