On l’appelle «L’Ange bleu», du nom du film qui la rendit célèbre en 1929, tourné par Josef von Sternberg. Elle y incarne Lola, chanteuse de cabaret berlinoise, garce qui fait tourner la tête du vénérable professeur Unrat, devenu son admirateur, son souffre-douleur puis son quasi-esclave. Sept films tournés entre 1929 et 1935, tous dirigés par von Sternberg, suffiront à faire de Marlene Dietrich un «aphrodisiaque» cinématographique et une icône du XXe siècle.

«Elle n’est pas photogénique. Elle a le regard flou, comme les vaches qui mettent bas», dira d’elle le réalisateur après l’avoir rencontrée. On a pensé longtemps qu’il avait été son pygmalion, mais créer un monstre sacré est une affaire plus compliquée, une entreprise collective. Ensemble, l’actrice et le metteur en scène ont inventé Marlene Dietrich, sex-symbol, star du Hollywood des années 1930 et rivale de Greta Garbo.