L'Italien Ferzan Ozpetek déroulait hier son Fate Ignoranti, premier film de la compétition racontant sans style l'histoire d'une veuve qui découvre que son mari entretenait une liaison homosexuelle depuis sept ans. L'Argentine Lucrecia Martel le suivait avec La Ciénaga, délire outrageux où des vacanciers finissent tous blessés ou morts. Et les regards du public berlinois se sont tournés vers le jury, qui se voyait contraint d'aiguiser ses armes sur des films mous.

L'un d'entre eux, en particulier, devait ronger son frein: le président du jury, Bill Mechanic, ancien patron de la 20th Century Fox.

A 50 ans, ce décideur hollywoodien amasse une expérience et des claquements de portes qui aiguiseraient les plus avachis.

Cinéphile, il ne correspond pas au classique PDG de compagnies américaines. Son intérêt pour le cinéma français en particulier ne l'a pourtant pas empêché de travailler chez Disney, puis, dès 1996, à la Fox, où sa première croisade fut d'aider James Cameron à monter Titanic. Mechanic ne s'est ensuite pas privé de dénoncer un peu partout le système de production hollywoodien.

Vivant de ses indemnités de départ depuis l'an dernier, il est pourtant arrivé à Berlin sans armes, car sans bagages: ses valises ont atterri deux jours après lui. Jugeant cette déconvenue, il a déclaré: «Je vois un peu mieux que je ne suis plus patron de studio hollywoodien: la compagnie d'aviation a considéré que la météo me permettait de voler, mais qu'elle était vraiment trop dangereuse pour mes valises!»

*Cette chronique relate les coulisses du 51e Festival international du film de Berlin.