Une voix rocailleuse. Un regard de cobalt qui perce, qui dénude. Un sourire inquiétant. Une haute silhouette (1m88). Des mains agiles… Martin Landau a un magnétisme sidérant. Tout le monde ne connaît pas son nom, mais il est impossible d’oublier le visage de cet habitué des seconds rôles. Comme s’il avait une ascendance extraterrestre – il a d’ailleurs failli incarner Mr. Spock dans Star Trek

Né en 1928, à Brooklyn, il a 17 ans quand il commence à travailler comme dessinateur au Daily News. Mais Charlie Chaplin lui enseigne que le cinéma est le plus beau des modes d’évasion. En 1955, il est un des 2000 candidats à l’Actor’s Studio, et l’un des deux à être acceptés au sein de la fameuse école de Lee Strasberg – l’autre étant Steve McQueen.

Il a côtoyé les légendes

En soixante ans d’une carrière entamée sur les scènes de Broadway, Martin Landau a côtoyé de près les plus grandes légendes du cinéma. Il est l’ami de Marilyn Monroe et de James Dean. Très actif à la télévision, il participe à d’innombrables séries mythiques: Maverick avec James Garner, Rawhide, avec Clint Eatwood, Johnny Staccato avec John Cassavetes, Au nom de la loi, avec Steve McQueen, Columbo, avec Peter Falk… C’est le rôle de Rollin Hand, le spécialiste du déguisement dans Mission impossible, qui lui vaut la notoriété. Dans cette série, comme dans Cosmos 1999, il joue aux côtés de son épouse, Barbara Bain.

Au cinéma, il multiplie les seconds rôles inoubliables. Dans La Mort aux trousses, de Hitchcock (1959), il incarne Leonard, le secrétaire du méchant, un homme mystérieux et dangereux. Il est Rufio, fidèle général de César dans le Cléopâtre de Mankiewicz.

Avec Woody Allen

Dans Crimes et délits, Woody Allen lui confie un rôle formidable, celui de l’ophtalmologue qui fait assassiner sa maîtresse encombrante et n’en conçoit aucun remords. «Avec Woody Allen, je n’ai jamais parlé du personnage. Cela permet à un bon acteur une sorte de liberté: «Voilà une toile! Peins!» disait-il, donnant sans doute la clé de l’art dramatique, tellement plus puissant lorsqu’il cultive l’opacité que lorsqu’il s’emberlificote dans les alibis psychologiques.

Nominé pour l’Oscar du meilleur second rôle à deux reprises, pour Crimes et délits et Tucker de Coppola, le comédien décroche la timbale en 1995 pour l’extraordinaire personnage qu’il compose dans Ed Wood, de Tim Burton: Bela Lugosi, interprète mythique de Dracula, au soir de sa vie.

Ces dernières années, il est retourné à la télévision, dans les séries Entourage ou encore FBI: Portés disparus. Il s’est éteint à Los Angeles, quelques semaines après son 89e anniversaire.