Le théâtre, pour le bonheur de renouer avec la jeunesse. Ce week-end au Théâtre Barnabé à Servion, Maurice Béjart ne jurera que par Tchekhov et Amos Kenan. Le temps d'un week-end, l'ami de Jean Vilar fera parler, danser et chanter les élèves de son Ecole Rudra dans Les Méfaits du tabac et Voilà l'homme. Ces deux pièces en enfilade ne doivent rien au hasard: en 1956, Maurice Béjart et sa complice d'alors, l'époustouflante Michèle Seigneuret, décollaient de concert dans Voilà l'homme, au Cabaret des Quatre-Saisons à Paris. Quant à Tchekhov, il fait partie des auteurs de prédilection d'un artiste que la Russie a toujours inspiré, de Stravinski à Nijinski.

«La danse a certes été prépondérante dans ma carrière, mais le théâtre m'a toujours passionné», dit le chorégraphe qui a notamment monté Le Molière imaginaire à la Comédie-Française en 1976. Début février, il a donc commencé les répétitions. Objectif: proposer un spectacle dansé et théâtral. «Une formation de danseur suppose aujourd'hui d'être ouverte à toute sorte d'expressions, explique Maurice Béjart. La danse extra-européenne, d'Afrique ou d'Asie, nous a beaucoup influencés. De même le théâtre. Nous voudrions ici que la parole soit chorégraphique.»

Il y a cinquante ans, Maurice Béjart portait un collant noir, un pull assorti et un chapeau melon dans Voilà l'homme. Il formait avec Michèle Seigneuret un couple tombé de la lune, comme sorti d'un poème de Prévert, leur hôte au Cabaret des Quatre-Saisons. La vingtaine de danseurs de Rudra promettent de donner à cette matière d'autres accents, sans nostalgie.

Voilà l'homme et Les Méfaits du tabac, Théâtre Barnabé, Servion, sa 12 h à 20 h 30 et di 13 h à 18 h. (Rens. 021/903 09 03)