Max Aub

Crimes exemplaires

Trad. de Danièle Guibbert

Phébus, coll. Libretto, 126 p.

Né à Paris en 1903, de mère française et de père allemand, Max Aub émigre avec sa famille à Valence et c'est en espagnol qu'il commence à écrire à la fin des années 30. Quand vient la guerre civile, il est évidemment du côté des futurs perdants et cherche refuge en 1939 sur sa terre natale: interné dans un camp en Ariège, puis en Algérie, il préfère s'embarquer en 1942 pour le Mexique où il mourra en 1972. Auteur d'une vingtaine de recueils de nouvelles et de romans, Max Aub a toujours eu des comptes à régler avec le destin, ses stupides et inextricables enchaînements de circonstances. En témoigne ce recueil d'histoires très courtes intitulé Crimes exemplaires (Crímenes ejemplares). Cent trente crimes commis en toute bonne foi, pour redresser les torts. Motivés par le droit inaliénable de mettre fin à l'exaspération: «Je voulais un fils, Monsieur! A la quatrième fille, je l'ai tuée»; ou par l'amour: «Plutôt mourir! me dit-elle. Et dire que ce que je voulais par-dessus tout c'était lui faire plaisir.» Surréalisme? Humour noir? Réalisme acerbe? Ce livre est en tout cas indispensable.