Mayra Andrade à Cully

Elle a une voix qui porte les traces cumulées de sa naissance havanaise, de son enfance capverdienne, angolaise, européenne. Mayra Andrade révolutionne doucement les mornas d’école, les batuques noctambules, tous les genres de l’archipel. Dans son quatrième album, Lovely Difficult, elle flirte aussi avec la pop anglo-saxonne, duote avec Benjamin Biolay mais aussi le ministre de la Culture Mario Lucio.

S’il fallait trouver une succession à Cesária, ce serait celle-là. Une Cap-Verdienne de la diaspora, subtile et déterminée, inventive et nourrie d’histoire, qui retravaille au corps les souvenirs de l’archipel. A chacun de ses concerts, des exilés sortent leur drapeau. Elle leur adresse un mot en créole. De cette reconnaissance qui finit par rejoindre l’universel.

Comme Tcheka, autre modernisateur capverdien, elle parle souvent de Pantera, le compositeur mort en 2001 qui a fait de la chanson insulaire une terre ouverte.

Mayra Andrade en concert. Di 12 avril, 19h30. Cully Jazz Festival. www.cullyjazzfestival.ch