Plus de 300 pages d’une prose baroque qui donne à voir et à entendre un grand chantier tel que le monde contemporain les ouvre un peu partout sur la planète, voilà le Prix Médicis 2010. Dans Naissance d’un pont (Verticales), Maylis de Kerangal, née en 1967 au Havre, raconte la genèse d’un de ces édifices emblématiques et hypermédiatisés qui font la gloire et l’image d’un pays ou d’une région.

Pour les jurés du Médicis, Maylis de Kerangal a rempli sa mission, son pont traverse bravement le livre de bout en bout. Maylis de Kerangal, outre ses travaux d’écriture, a également été éditrice. Son précédent roman Corniche Kennedy (Verticales), avait déjà figuré en 2008 sur plusieurs listes de nominés aux différents prix. En outre, Naissance d’un pont a eu, cette année, les honneurs de la une du Monde des livres, lançant ainsi la rentrée littéraire 2010.

Maylis de Kerangal s’est imposée au premier tour par six voix contre une qui est allée à Une Année chez mon père (L’Olivier) de Geneviève Brisac. Du côté du Médicis étranger, David Vann est primé pour Sukkwan Island (Gallmeister).

Amours géométriques, quantiques et drolatiques, mardi, c’est l’écrivain Patrick Lapeyre qui s’est vu décerner le Prix Femina pour son beau roman La Vie est brève et le désir sans fin (P.O.L). Sofi Oksanen a reçu de son côté le Prix Femina étranger pour Purge (Stock).

Le Femina puis le Médicis lancent cette semaine la valse automnale des prix littéraires. Elle connaîtra son apogée lundi prochain, avec la remise simultanée du Goncourt et du Renaudot. Michel Houellebecq avec La Carte et le territoire (Flammarion) est favori pour le premier, tandis qu’Ingrid Betancourt avec Même le silence a une fin (Gallimard) trône paraît-il en tête des pronostics parisiens pour le second. Maylis de Kerangal figurait encore sur la dernière liste des Goncourt qui doivent annoncer jeudi quels sont les derniers livres en lice.