Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Meg Ryan à Locarno, 4 août 2016.
© Alexandra Wey / Keystone

Cinéma

Meg Ryan: «A une époque, j’étais une professionnelle des auditions»

L’actrice américaine a reçu un Leopard Club Award. Lors d’une conversation publique, elle est revenue sur les moments clés de sa carrière

La filmographie de Meg Ryan pourrait quasiment se résumer à une seule scène, tant celle-ci est restée dans les mémoires. Dans Quand Harry rencontre Sally (1989), son personnage, soudainement, décide de mimer un orgasme en plein restaurant. Lors de la conversation publique à laquelle elle a pris part au Locarno Festival, l’actrice américaine, 56 ans, est évidemment revenue sur cette séquence qui lui colle à la peau. Elle s’est d’abord souvenue qu’elle a eu le rôle de Sally «par miracle», après une audition, une de plus. «Je n’avais fait que quelques films, dont Top Gun (1986) et L’aventure intérieure (1987), et j’étais devenue une sorte de professionnelle des auditions. Dans ce film, c’est Billy Crystal qui avait toutes les répliques drôles. Sally, elle, n’était drôle qu’à travers son comportement, elle n’avait pas de punchline. Dans le script, elle devait simplement parler avec Harry du plaisir féminin. J’ai alors spontanément proposé de mimer un orgasme. Sur le plateau, Rob Reiner, le réalisateur, était finalement aussi nerveux que moi, car sa mère était là. C’est d’ailleurs elle qui dit: «Je vais prendre ce qu’elle a pris!» La première fois que ma fille a vu le film, elle se demandait ce que faisait sa maman…»

Meg Ryan a une formation de journaliste. Un jour, pour un reportage, on l’envoie prendre part au casting d’un soap opera. Elle en repartira avec un article et un rôle. Le premier jour de tournage, elle saute dans l’inconnu: «Je ne savais pas comment mémoriser un texte, comment bouger, comment interagir avec les autres acteurs.» Puis elle rencontre l’immense George Cukor, qui lui confie à plus de 80 ans un petit rôle dans Riches et célèbres (1981), son ultime long métrage. «Durant le tournage, il enlevait son dentier pour crier: «Ne joue pas!» C’est le meilleur conseil qu’on m’ait donné. Il faut être, ne pas jouer», résume celle qui avoue une admiration pour Carole Lombard, Irene Dunn et Katharine Hepburn.

De Tony Scott, le réalisateur de Top Gun, elle garde le souvenir d’un homme extrêmement sympathique. Elle n’avait que deux scènes à jouer et se souvient de ses indications sommaires: «Meg, dans cette scène-là, tu es heureuse. Meg, dans cette scène-là, tu es triste.» Elle a aussi tourné sous la direction d’Oliver Stone dans le biopic The Doors: (1991): «C’est quelqu’un de sauvage qui aime beaucoup l’improvisation.» La native de Fairfield, dans le Connecticut, a également évoqué son compagnonnage professionnel avec Tom Hanks – ils ont joué ensemble dans Joe contre le volcan (1990), Nuits blanches à Seattle (1993) et Vous avez un mess@ge (1998), avant qu’elle ne le dirige dans son premier film en tant que réalisatrice, Ithaca (2016). «Tom n’est pas quelqu’un de surprenant, il est exactement ce que vous imaginez qu’il est: c’est un homme drôle et intelligent, curieux du monde et des autres, qui écoute beaucoup.»

On associe volontiers Meg Ryan à la comédie romantique, dont elle fut un emblème dans les années 1990. «Mais sur les 38 films que j’ai faits, seuls une dizaine sont des comédies romantiques», insiste-t-elle. Et d’évoquer, en guise de contre-exemple, Pour l’amour d’une femme (1994): «J’y tiens le rôle d’une alcoolique. A cette époque-là, mon mari d’alors était en cure de désintoxication. Il y avait quelque chose de thérapeutique dans ce film, j’ai pu ressentir de l’empathie pour mon mari.»

Publicité
Publicité

La dernière vidéo culture

Le performeur Yann Marussich se fait imprimer Le Temps sur le corps

Un soir à la rédaction du Temps. La salle de réunion est transformée en labo photo géant éclairé de rouge. Au milieu de la pièce, l'artiste Yann Marussich, rendu photosensible. Sur son corps nu se développent des titres du «Temps». 60 spectateurs assistent à l'expérience qui dure 45 minutes.

Le performeur Yann Marussich se fait imprimer Le Temps sur le corps

n/a
© Arnaud Mathier/Le Temps