tennis

A Melbourne, Djokovic reprend son bien

Le numéro 1 mondial vient à bout de la résistance d’Andy Murray (7-6 (7/5) 6-7 (4/7) 6-3 6-0 en 3h39) et récupère le titre abandonné l’an dernier à Wawrinka

«Sorry, good game», dirait un rugbyman anglais. Novak Djokovic est Serbe, tennisman, mais il gagne avec ce même réalisme qui transperce invariablement celui pensait être en mesure de le battre. L’adversaire croit toujours qu’il a sa chance, plonge dans les fausses pistes lancées par le défaitisme surjoué du «Djoker», et finit invariablement par céder. Comme Stan Wawrinka en demi-finale vendredi, Andy Murray a fait jeu égal durant trois heures avant de subir la loi du plus fort. Le numéro 1 mondial s’impose en quatre manches, 7-6 (7/5) 6-7 (4/7) 6-3 6-0, et reprend son trône. A l’exception de Wawrinka l’an dernier, personne ne peut battre «Nole» à Melbourne depuis 2011. Le Serbe devient le premier joueur de l’ère Open à remporter cinq fois l’Open d’Australie (2008, 2011, 2012, 2013 et 2015). Un exploit sans comparaison historique puisque, longtemps, les meilleurs Européens et Américains s’épargnaient le long voyage aux antipodes.

Manque d’énergie

Andy Murray, lui, échoue pour la quatrième fois au port. Une autre forme de record. Le protégé d’Amélie Mauresmo n’a pas démérité, bataillant 2h32 pour égaliser à un set partout, mais s’est sabordé dans le premier tie-break en multipliant les fautes directes. Jamais il n’avait battu Djokovic après la perte de la première manche. C’était mal barré. A 1-1, 3-3, il obtint une balle de break qu’il joua parfaitement, en décochant un passing de revers qu’un seul joueur au monde aurait été capable de retourner. Pas de chance, c’était Djokovic. Le Serbe s’étira au-delà du raisonnable pour renvoyer la balle, illustrant parfaitement l’adage selon lequel «pour le battre, il faut lui marquer plusieurs fois le point». Sur la durée d’un match, cela implique une débauche d’énergie dont Murray, revenu à son meilleur niveau après des problèmes physiques, n’est pas encore capable. L’Ecossais n’étant pas Sisyphe, il finit par se décourager. Dans la troisième manche, il mena 2-0 puis ne marqua qu’un jeu sur les 13 disputés. Comme Wawrinka vendredi, un sévère 6-0 classa l’affaire.

Le jovial Djokovic, garçon éminemment drôle au civil, est donc plus que jamais le meilleur joueur du monde. «Son jeu défensif est extraordinaire, soulignait John McEnroe fin décembre sur le site de l’ATP. Il n’est pas le premier à jouer la défense mais il l’a porté à un niveau très élevé.» L’homme qui a tant fait pour le régime sans gluten s’est construit un physique en caoutchouc. Tel le roseau de La Fontaine, il plie, plie mais ne rompt jamais, porté par des jambes élastiques.

Ce contorsionniste des courts est un fil que ses adversaires tordent sans parvenir à le faire casser.

Lundi, il comptera 3800 points d’avance sur son dauphin au classement. Roger Federer peut donc faire une croix sur ses rêves de retour au sommet. Avec ce huitième titre en Grand Chelem, Djokovic est en revanche encore loin des 17 trophées majeurs de Federer mais il rejoint déjà des légendes du jeu comme Ivan Lendl, Jimmy Connors et Andre Agassi. A 27 ans, il peut encore durer. Il lui reste à remporter enfin Roland-Garros.

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