Son décès a donné lieu à de brèves nécrologies. Il n’avait certes pas brillé dans de grands films. Mais William Finley, disparu le 14 avril, n’aura eu besoin que d’une interprétation pour entrer dans les mémoires: celle de Winslow Leach, le compositeur puis le Fantôme dans l’incroyable film de Brian De Palma, Phantom of the Paradise. Le cinéaste avait eu ce trait de génie de mêler l’histoire du Fantôme de l’Opéra de Gaston Leroux avec Faust ainsi que Le Portrait de Dorian Gray, le tout en boîte de nuit disco décadente. Pas moins.

Il y a quelques mois, L.C.J. et TF1 éditaient en DVD Le Fantôme de l’Opéra, version de 1990. Après le triomphe de l’adaptation scénique de Andrew Lloyd Webber, Arthur Kopit traduisait sa propre vision de l’histoire en un téléfilm de deux parties à la production internationale, avec Burt Lancaster et Jean-Pierre Cassel. Tournée en partie à l’Opéra Garnier, cette histoire garde un fond de sentimentalisme propre au roman d’origine, avec son Fantôme envoûté par la voix de Christine, la muse.

Le téléfilm se regarde avec plaisir, comme l’un des derniers témoignages – même tardif, dans son cas, en 1990 – d’une fiction TV d’inspiration théâtrale, avec ses longs monologues de l’amoureux maudit et son goût pour les séquences sur scène. Les concepteurs avaient donné un certain rythme à leur mini-série, ce qui minimise les outrages du temps télévisuel. Un moment de TV qui peut se découvrir avant de revoir le monumental film qui a immortalisé William Finley. Là, le cinéma demeure plus fort.