Boris the Animal, un abominable croisement d’humanoïde et de panier de crabes, s’est échappé de sa geôle lunaire avec une idée fixe: se venger de l’agent K (Tommy Lee Jones). Celui-ci l’a arrêté et a installé un dispositif de protection autour de la Terre qui a conduit à l’extinction de son espèce. Le revanchard déchaîné remonte le temps. K disparaît de notre plan de réalité, les Boglodites attaquent la Terre. Pour sauver son coéquipier et la planète, l’agent J (Will Smith) se rend également en juillet 1969. Il retrouve le jeune K (Josh Brolin), traque l’Alien à la Factory d’Andy Warhol et suit de près le décollage d’Apollo 11. Ils sont parmi nous, infiltrés bien au-delà des doutes les plus paranoïaques – Lady Gaga ou Tim Burton sont des extraterrestres…

C’est le pitch de Men in Black, farce science-fictionnesque lancée en 1997. Dix ans après un second volet raplapla, Barry Sonnenfeld renoue avec la verve première dans Men in Black 3 – 3D. Revitalisée par un scénario original, la franchise fait des étincelles. L’abattage de Will Smith est prodigieux. En 1969, il ne se collette pas seulement avec des pieuvres galactiques mais avec le racisme ordinaire de la société.

Tube de moutarde

Cette manière de prendre au sérieux des choses qui ne le sont pas – et inversement – s’avère irrésistible. Les Hommes en Noir ont des rétro-fulgurs susceptibles de liquéfier les pires Aliens, mais c’est avec un tube de moutarde dans chaque main que J défait un squale d’outre-espace. Enfin, K et J croisent un personnage formidable, Griffin, qui vit dans cinq dimensions à la fois, calculant tous les possibles de l’avenir. Un sommet inégalé de la science-fiction parodique.

Men in Black 3, de Barry Sonnenfeld (USA 2012), avec Will Smith, Tommy Lee Jones, Josh Brolin, Emma Thompson, Alice Eve, Jemaine Clement, Michael Stuhlbarg, Lady Gaga, Tim Burton.