Parce que Femmosité, le titre de la pièce, est une contraction de «féminité» et «animosité», on attendait un spectacle coup de poing, un manifeste musclé contre les injonctions imposées au féminin. En réalité, cette chorégraphie signée Pauline Raineri et Sophie Ammann, deux jeunes diplômées du Ballet Junior de Genève, slalome de manière douce et subtile entre le «care», la mode, la silhouette de rêve ou encore l’endurance, plusieurs thèmes toujours associés aux femmes en 2020. Découvert au Théâtre de l’Usine, à Genève, en décembre dernier, le spectacle sera dès ce mercredi 8 janvier à l’Oriental-Vevey, dans le cadre des Chorégraphiques #5.

Dans la biographie de ces artistes, on apprend que toutes deux se sont formées à l’improvisation théâtrale en plus de la danse et que Sophie Ammann a même tâté du clown. On repère ce ton décalé dans ce spectacle composé de séquences le plus souvent dansées sourire aux lèvres. Tout commence par une séance de relooking. Les deux interprètes rebaptisées Jo et Alex troquent leurs habits de ville contre des survêts de sport bling-bling, short et training brillants, et entament une série de trajectoires, des droites et des obliques métronomiques, durant lesquelles elles rappellent l’importance du care, ce souci des autres, et de la confiance en soi. Le public glousse déjà.