Dimanche peut-être, on auto­risera aux mamans un certain ­relâchement. C’est leur fête après tout. Le reste du temps, on les aimerait impeccables. Pour les aider dans cette tâche ardue, des manuels sont régulièrement publiés. Ce printemps, les Presses du Châtelet rééditent deux petits ouvrages parus au XIXe siècle et signés de la Baronne Staffe, une Ardennaise bon ton: Pour être une mère parfaite et son pendant masculin Pour être un père parfait.

Evidemment, certains passages agacent. «Toutes les mères raisonnables devraient élever leurs filles de telle sorte que celles-ci n’aient aucun dédain pour les travaux à l’aiguille ni pour les soins du ménage – dits «vulgaires» tandis que les goûts seuls sont vulgaires. Ainsi elles ne connaîtraient jamais le terrible état d’âme qui naît du désœuvrement. […] La femme qui n’aime pas les travaux à l’aiguille n’est pas de son sexe.» Ou encore: «La femme chic a toujours l’ambition de trouver chez son mari un être supérieur à elle.» Mais d’autres témoignent d’une certaine ouverture d’esprit pour l’époque, telle l’injonction à ne pas être plus indulgent avec un fils qu’avec une fille ou celle de ne pas «séquestrer» ses enfants dans le noir ni de les effrayer en con­voquant le croque-mitaine à la moindre incartade.

Père moderne

Le précis consacré aux pères, lui, ne sortira que début juin en librairie. Il débute par l’épineuse question de la demande en mariage – faite au père justement –, se poursuit par celle de la dot puis de la juste manière de traiter son épouse. Avant d’en arriver au fait: «Les pères d’autrefois étaient surtout craints et redoutés. Les cœurs s’étant adoucis, le père moderne a voulu être aimé et il a bien fait.» La Baronne Staffe, Blanche Soyer de son vrai nom, avait parfois raison.

Pour être une mère parfaite, déjà en librairie. Pour être un père parfait, sortie début juin. Les Presses du Châtelet.