Série TV

«La méthode Kominsky», Michael Douglas et le théorème de la prostate

Netflix se paie une série à la gloire de Michael Douglas en vieil acteur instructeur à la vessie défaillante. Chuck Lorre, le créateur de «The Big Bang Theory», qui se sent vieillir, pose un joli tandem de seniors

La méthode Kominsky est une série légère, en huit épisodes de vingt-six minutes, qui rappelle un peu les feuilletons ados que les quadras d’aujourd’hui ont suivis d’un œil globuleux durant de longs dimanches matin, il y a longtemps. Des histoires qui n’engagent pas à grand-chose, avec des personnages passables mais sympathiques.

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«Beverly Hills» à l’autre bout

La méthode Kominsky, c’est Beverly Hills à l’autre bout de la vie; la seconde vibrait de la sève de la jeunesse et des historiettes d’amour, la première raconte l’automne avec les feuilles séchées. Liaisons dans la seconde, fuites urinaires dans la première. A l’époque, le cœur; à présent, la prostate.

Netflix a récemment mis en ligne les huit épisodes de La méthode Kominsky, avec Michael Douglas. L’acteur, qui a surmonté un cancer de la gorge il y a quelques années, y incarne un vieux comédien qui a son école d’interprétation, et qui tente de retrouver quelques grands contrats. Il travaille avec sa fille, rumine ses trois mariages échoués, drague l’une de ses élèves – pas une gamine – et doit accuser le coup de la mort de la femme de son agent, son amour de jeunesse.

Encore un coup de Chuck Lorre

Le feuilleton est créé par Chuck Lorre, un producteur qui, pendant douze ans, a fait façonner et évoluer les geeks de The Big Bang Theory, la sitcom qui s’achève ces temps. L’âge venant, il décide qu’il veut suivre et conter un vieux héros. Un chêne fripé, incarné par Michael Douglas, l’ancien flic de Basic Instinct. En 1992, il s’enfiévrait face à un croisement de jambes; aujourd’hui, il a besoin de faire pipi à tout moment.

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Un tandem touchant

La série est trop gentille à l’égard de son acteur vedette, au point de tourner en une apologie gentille et un peu vide de Michael Douglas. Mais elle trouve son ressort, et son intérêt, dans la dynamique induite par le tandem de l’acteur face à son agent. Alan Arkin incarne Norman, l’ami de toujours, l’époux de la femme idolâtrée par les deux – celui qui, en fait, a réussi, sur le plan du couple et des sentiments. La méthode Kominsky marche parce que ces deux vieux troncs s’ébrouent à merveille, avec leurs rides et leurs plis. Défiant les quasi-jeunes qui les jugent.

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