Critique

Mettez un tigre dans votre tsunami

«El Año del Tigre», de Sebastian Lelio

Le tsunami est passé, ravageant les terres. Dans un paysage d’apocalypse, vous trouvez un tigre enfermé dans une cage. Qu’est-ce que vous faites? Vous attentez à la liberté, à la noblesse du seigneur de la jungle en le laissant pourrir et mourir dans sa prison? Ou vous le libérez, en sachant que le fauve risque bien de vous croquer plus tard, car rien n’est plus fourbe qu’un félin?

Ce dilemme est la bonne question que pose L’Année du Tigre. C’est aussi le seul intérêt de ce film chilien aussi bref que moche. Le tremblement de terre abat les murs d’une prison. Manuel en profite pour se faire la belle, retrouve sa maison écroulée, enterre sa vieille maman, erre à travers des campagnes désertées, s’acoquine avec un méchant paysan, qu’il finit par tuer au terme d’une muflée gigantesque, et repart en prison, car il n’y a que là qu’on est en paix. La bande-son est assurée par les chanteurs de la paroisse de San Alfonzo. (Compétition internationale)

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